Prévention
Saison des pluies : éviter les diarrhées en famille
Eau, aliments, mains propres : des gestes simples pour limiter les diarrhées en famille, et les signes de déshydratation qui doivent faire consulter.
Il a plu toute la nuit à Abomey-Calavi. Au matin, la cour est boueuse et votre fils de quatre ans réclame à boire. Voici comment limiter les risques et repérer ce qui ne doit pas attendre.
Comment la diarrhée s'attrape
Selon l'OMS, on parle de diarrhée à partir de trois selles molles ou liquides dans la journée. Des selles plus fréquentes que d'habitude pour la personne comptent aussi.
Elle est en général le signe d'une infection de l'intestin. Cette infection se transmet par de l'eau ou des aliments contaminés. Elle passe aussi d'une personne à l'autre quand l'hygiène est insuffisante.
Le choléra fait partie des diarrhées liquides aiguës, celles qui durent plusieurs heures ou plusieurs jours. L'OMS Afrique indique que des épidémies de choléra sont rapportées presque chaque année au Bénin. Ce rappel n'a pas pour but d'inquiéter. Il montre pourquoi les gestes d'hygiène comptent.
Eau, nourriture, mains : les gestes qui réduisent le risque
L'OMS souligne qu'une eau contaminée par des matières fécales humaines pose particulièrement problème. Elle cite les eaux d'égouts, les fosses septiques et les latrines.
L'OMS cite plusieurs mesures de prévention : une eau de boisson salubre, un assainissement amélioré et le lavage des mains au savon. Elle ajoute une bonne hygiène personnelle et pour la préparation de la nourriture.
Pour l'eau, la source insiste sur la conservation et la manipulation à la maison. Une eau gardée ou manipulée dans de mauvaises conditions d'hygiène est un facteur de risque important. Restez attentifs à la façon dont l'eau est gardée et manipulée à la maison.
Pour les repas, la nourriture mal préparée ou mal conservée est une cause majeure de diarrhées. Les poissons et les crustacés pêchés dans des eaux polluées peuvent aussi en être à l'origine.
Lavez-vous les mains au savon avant de préparer le repas, et aidez les enfants à le faire. Pour un bébé de moins de six mois, l'allaitement maternel exclusif fait partie des mesures de prévention de l'OMS.
Reconnaître la déshydratation
Pour l'OMS, la déshydratation est la plus grande menace associée à la diarrhée. Le corps perd de l'eau par les selles liquides, les vomissements, la transpiration, l'urine et la respiration. La déshydratation apparaît quand ces pertes ne sont pas compensées.
L'OMS parle de déshydratation modérée quand au moins deux de ces signes sont présents : agitation ou irritabilité, yeux enfoncés, soif avec une façon de boire avidement.
Elle parle de déshydratation sévère quand au moins deux de ces signes sont présents : léthargie ou inconscience, yeux enfoncés, incapacité ou difficulté à boire, pli de la peau qui met deux secondes ou plus à s'effacer. La léthargie désigne une grande somnolence : la personne réagit à peine.
Que faire, et quand consulter
L'OMS recommande de consulter un professionnel de santé dans trois cas : diarrhée persistante, sang dans les selles, signes de déshydratation. Une diarrhée est dite persistante à partir de 14 jours d'affilée. Pour du sang dans les selles ou des signes de déshydratation, ne pas attendre ce délai.
Pour réhydrater, l'OMS recommande les sels de réhydratation orale (SRO), une solution d'eau pure, de sel et de sucre, en cas de déshydratation modérée ou sans signe de déshydratation. En cas de déshydratation sévère, la réhydratation se fait par voie intraveineuse, avec un professionnel de santé. Demandez à un professionnel de santé comment utiliser les SRO pour votre proche.
L'OMS conseille aussi de continuer à donner des aliments riches en nutriments pendant l'épisode, dont le lait maternel pour un nourrisson.
Si la personne est inconsciente, si elle réagit à peine, si elle ne peut pas boire ou boit très difficilement, ou si vous voyez au moins deux des signes de déshydratation sévère, appelez tout de suite les numéros d'urgence. Prévenez vos proches en même temps, pas après.
Organiser les soins, ici ou à distance
Vous vivez à Lyon ou à Montréal et votre mère garde ses petits-enfants à Parakou ? Rappelez-lui ces signes lors de votre prochain appel. Demandez aussi où la famille puise son eau.
Préparez les choses avant d'en avoir besoin. Notez l'adresse du centre de santé le plus proche et le prix du trajet en zémidjan ou en taxi. Gardez cette liste dans le téléphone de la maison et sur le vôtre. Dans l'urgence, personne n'a le temps de chercher.
Pour trouver un centre de santé proche, viHINTOH propose une liste d'établissements de santé. C'est un repère pratique, consultable depuis votre téléphone : https://vihintoh.bj/public/etablissements-de-sante
Sources
- OMS, Maladies diarrhéiques (fiche d'information, 2 mai 2017) : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/diarrhoeal-disease
- OMS Afrique, page Bénin : https://www.afro.who.int/countries/benin
Cet article informe, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas d'urgence, consultez les numéros d'urgence sur viHINTOH : https://vihintoh.bj/public/numeros-urgence